Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 18:55

Par ailleurs, SoliDEA (ainsi que SPRI) a signé la motion de Qui veut durable ? "pour un IEP Vert".
Il s'agit cependant d'une batterie de mesures de base, qui doit encourager à des politiques plus ambitieuses et à une vision globale de l'IEP pensé dans une logique de durabilité et d'écocompatibilité. Tel est le projet de SoliDEA.

Voici la motion :


 

Motion pour un IEP vert


L'association Qui Veut Durable a pour but de sensibiliser les élèves et le personnel de l'IEP aux enjeux
environnementaux et au développement durable. L'association propose donc un projet de société, qui dans ce sens est politique mais ne rentre pas dans une des cases de l'échiquier politique français.
Qui Veut
Durable s'adresse ainsi à tous les citoyens que sont les élèves et le personnel de l'établissement.

Dans ce cadre, Qui Veut durable appelle tous les élèves candidats à l'élection des représentants au Conseil d'administration à s'engager à défendre les propositions suivantes s'ils sont élus.



Un cloître vert...


N
ous demandons la mise en place de réalisations concrètes pour rendre les bâtiments de l'IEP plus respectueux de leur environnement.


Il paraît indispensable de mettre en place un tri sélectif plus efficace dans l'établissement, cela

passe par l'installation de nombreux points de récupération des différents déchets (papier, carton mais aussi piles, cartouches d'encre...) et une communication pour sensibiliser les étudiants et le personnel à leur usage.


Il est important de s'intéresser à la consommation de papier de l'établissement, nous saluons les
efforts qui ont déjà été fait dans le sens d'une réduction ; et nous proposons d'autres mesures à mettre en place : prenant en compte l'augmentation des élèves qui travaillent sur un support numérique, les enseignants devraient proposer les documents qu'ils veulent communiquer sur un support numérique (intranet, mail, ENT) et produire une version papier uniquement pour les élèves qui le souhaitent. Il faudrait aussi passer progressivement à une utilisation de papier d'origine recyclé.

Dans une vision à plus long terme, d'importants travaux devront être fait pour rendre les

bâtiments plus respectueux de l'environnement : des travaux d'isolation, l'installation de

thermostat sur les radiateurs, la récupération de l'eau de pluie...

 
Ces adaptations concernent les détails importants de la vie de l'établissement : doit-on privilégier le distributeur de papier à un sèche-main électrique dans les toilettes ? Une clé USB est-elle plus respectueuse de l'environnement qu'un livret papier ? Peut-on mettre en place la vente de fruits dans les distributeurs de la cafétéria ? Peut-on remplacer les produits des distributeurs de boisson chaude par des produits issus du commerce équitable et de l'agriculture biologique ?


Des citoyens sensibilisés

Il semble important d'enrichir l'enseignement donné en qui concerne les enjeuxous demandons une réelle réflexion sur l'opportunité de certaines adaptations qui pourraient être faites et leur mise en pratique si elles se montraient plus respectueuses de l'environnement que la situation actuelle. 


Un regard tourné vers l'extérieur...


L'IEP devrait s'engager pour une introduction de produits issus de l'alimentation biologique dans le Restaurant Universitaire Duchesse Anne où déjeune une grande partie des étudiants et personnels de l'établissement.


Il doit aussi militer auprès de Rennes Métropole pour que le projet d'aménagement d'une piste cyclable à double sens pour accéder à l'établissement soit retenu dans le boulevard de la duchesse Anne (et non celui d'une augmentation des places de parking). 

 

Par Ecolo Sciencespo-Rennes
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 19:02



Les écologistes de l'IEP de Rennes (indépendants du blog) soutiennent la liste SoliDEA pour les élections au Conseil d'administration du 5 novembre prochain. Plusieurs d'entre nous avons pris part amplement à l'élaboration de cette liste par ailleurs collective (et donc indépendante de tout parti, syndicat ou autre organisation politique), notamment en obtenant la présence de l'écologie sur le fond et sur la forme.
Voici donc les engagements de SoliDEA en matière d'écologie, ainsi qu'un programme provisoire. Le programme définitif sera disponible d'ici la fin de ce week-end sur solidea-iep.blogspot.com.


  Élections au Conseil d'Administration de l'IEP de Rennes – Jeudi 5 novembre 2009





Nos engagements écologiques




AU-DELA DES INTÉRÊTS DE l'IEP : NOS RESPONSABILITÉS ENVIRONNEMENTALES
Notre prise en compte de la crise écologique témoigne de ce que nous ne nous limitons pas à la défense des intérêts de l'IEP. La défense de l'environnement n'est pas un problème abstrait : elle se pose concrètement à l'échelle de l'IEP. Nous pensons que notre établissement doit assumer une part de la responsabilité qui est aujourd'hui celle de toute la société.

Cet enjeu mérite plus qu'une charte annexée à notre programme. Nous avons signé le texte présenté par QVD sans hésiter, mais cette déclaration d'intention ne suffit pas. Au CA, l'écologie sera une de nos toutes premières priorités. Une priorité pas seulement rhétorique : elle suppose des efforts importants et nécessaires, y compris du point de vue budgétaire.


ÉNERGIE : VERS PLUS DE SOBRIÉTÉ

Le point exemplaire est la sobriété énergétique. La direction prévoit, dans sa feuille de route récemment rendue publique, d'effectuer un « bilan énergétique » de l'IEP. C'est un premier pas indispensable, mais pas suffisant. Il ne faut pas se contenter d'une politique relevant essentiellement de la communication ou de la méthode Coué.

Nous ne serons pas seuls dans cette entreprise : il existe des organismes publics chargés d'accompagner les institutions dans leurs efforts de réduction de leur empreinte écologique, comme l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie).

Investir dans l'isolation

Des travaux importants devront être réalisés, essentiellement dans le domaine de l'isolation. Les salles non-dotées de double-vitrage devront l'être, et l'équipement immobilier des salles du petit cloître singulièrement amélioré. A l'heure actuelle, le simple vitrage et l'état lamentable des portes et fenêtres en font des gouffres énergétiques et des salles d'incubation de la grippe A.

Il conviendra donc de réaliser des devis pour tous les travaux de rénovation des locaux actuellement envisagés par la direction ; ces devis et ces travaux prendre en compte à titre prioritaire, les critères de sobriété énergétique.

Il va sans dire que d'éventuels nouveaux bâtiments devront également respecter les standards les plus ambitieux en la matière, comme fixés par le label HQE par exemple. Très concrètement, il faudra sans doute abandonner la mode architecturale qui consiste à donner le plus de « transparence » et donc de vitrage, possible aux bâtiments publics, au détriment de l'isolation. On pourra dans cette perspective s'inspirer des enseignements de « l'architecture solaire » qui vise justement à tirer parti de l'apport du soleil en termes de lumière, de température, et d'aération : vitrages orientés vers le sud, moins d'ouvertures au nord, etc. (plus de détails sur http://www.architecturesolaire.com par exemple)

Chauffage

La question énergétique se pose également, quotidiennement, en ce qui concerne le chauffage des locaux. Par exemple, les salles informatiques n'ont que rarement besoin de chauffage ; de même en ce qui concerne les couloirs et les cages d'escaliers, parfois transformés en véritables saunas.


PAPIER : PROGRESSER QUANTITATIVEMENT ET QUALITATIVEMENT

Le papier est également un enjeu écologique important. Il va sans dire qu'il s'agit d'un outil indispensable, qui n'a pas vocation à être intégralement remplacé par les moyens informatiques (à la viabilité et sobriété énergétique pas forcément meilleures).

Des économies de papier...

Mais il est possible de rationaliser (et non rationner...) singulièrement son utilisation, au prix de quelques investissements initiaux, certes assez lourds : l'installation d'imprimantes en recto-verso pour les étudiants et les personnels ; l'exigence de photocopieuses en recto-verso (et de meilleure qualité, vu l'état des machines actuellement installées) dans le cahier des charges de notre prestataire de services en la matière, Sedeco.

au papier recyclé

Nous saluons par ailleurs l'utilisation de papier recyclé pour la publication de l'organe de communication de l'IEP, l' Écho du Cloître. Ce choix doit dépasser le stade symbolique et peu à peu s'étendre à tous les usages au sein de l'IEP : administration, affichage, documents distribués par les enseignants et bien sûr, impressions en libre-service des étudiants.

Du côté des outputs en papier de notre établissement, il faut évidemment perfectionner le tri sélectif.

Rappelons sur ce sujet que le recyclage du papier, permet d'une part de réduire la pression exercée sur les forêts de la planète (et la culture intensive d'essences uniformes), et d'autre part de diminuer par un facteur cinq la consommation d'énergie et la pollution chimique, par rapport à la production de papier « conventionnel ». Pour plus de détails, voir par exemple : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_910_papier_recycle.php.

 

FAIRE DE L'IEP UN ÉTABLISSEMENT DE L'AVANT-GARDE ENVIRONNEMENTALE

Une telle politique ambitieuse, qui fait encore figure d'avant-garde, pourra être un support solide et efficace de promotion de l'IEP. En effet, nous pouvons être le premier « IEP bioclimatique ».

Ces projets peuvent également faire l'objet de coopérations fructueuses avec d'autres établissements et formations diplômantes : par exemple l'École d'Architecture, par l'intermédiaire de notre master MOUI (Maîtrise d'ouvrages urbains et immobiliers).


L'ÉCOLOGIE, C'EST AUSSI DANS NOTRE RUE :

 

Le CA a son mot à dire sur des sujets qui échappent à ses prérogatives formelles. Nous souhaitons par exemple que l'établissement se fasse le défenseur des pratiques écologiques de ses étudiants et personnels, en demandant à la municipalité de Rennes la mise en place d'un double-sens cycliste et d'une bande cyclable sur le boulevard de la Duchesse Anne.




 

EN SOMME :

Tous ces investissements sont lourds, mais indispensables... du moins si l'on prétend prendre à sa juste mesure les responsabilités qui sont celles des sociétés industrielles. Ils ne seront réalisés qu'à la condition d'en faire une priorité, notamment budgétaire. C'est notre cas, car nous sommes convaincus et déterminés !

 

Par Ecolo Sciencespo-Rennes - Publié dans : Mobilisations
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 11:50
 

Le livre d'Yves Cochet est iconoclaste. Pour les non-écologistes, évidemment. Mais pour beaucoup d'écologistes aussi. Et ce pour deux raisons principalement :

- Face à la focalisation actuelle des débats sur le changement climatique, il nous invite à prêter plus d'attention encore à « l'amont » de cette crise : le tarissement des ressources énergétiques. Pour lui, cette pénurie aura des conséquences plus précoces et plus violentes encore que celles du réchauffement de l'atmosphère.

- En conséquence, l'écologie, « pensée de l'irréversible », doit non pas nous mener au choix de la décroissance... mais à l'acceptation de celle-ci. La chute brutale du bien-être matériel est inévitable ; reste à faire en sorte qu'elle soit solidaire, démocratique, bref anticipée. Pour la première fois depuis des siècles, une idéologie ne nous promet pas que demain sera mieux.

Sur ces deux points, Yves Cochet s'oppose à l'opinion dominante parmi ses camarades écologistes, y compris chez les Verts, qui ont eu tôt fait de moquer son « catastrophisme ». Leur diagnostic de la situation est différent du sien : la déplétion pétrolière est proche, certes, mais les capacités d'adaptation du capitalisme ne doivent pas être sous-estimées ; l'idéologie de la croissance survivra encore, s'appuyant sur de nouvelles technologies mirifiques... Par conséquent le combat écologiste doit continuer à se focaliser sur les externalités de notre mode de développement, et dans le domaine des idées : la lutte contre le productivisme doit être portée par un idéal de société. Alain Lipietz par exemple estime que les écologistes doivent « rassurer » et montrer que leur projet de société est finalement ce à quoi tout un chacun aspire, au fond de lui-même.

Yves Cochet leur réplique en condamnant le « continuisme », inapte à comprendre les ruptures brutales à venir, leur « félicisme », consistant à toujours promettre du mieux, contre tout principe de réalité...

L'objet de ce rapide compte-rendu de lecture n'est pas de prendre position entre ces deux postures – même si je dois avouer l'enthousiasme que suscite chez moi l'anticonformisme de Cochet. Il s'agit plutôt de mettre en valeur l'intérêt des analyses développées dans l'Antimanuel, et en particulier certains outils de pensée qui nous permettent d'entrevoir des facettes, jusque là ignorées, de la réalité. En somme, j'espère vous convaincre de l'intérêt de ce livre, et vous le faire lire (il est un peu cher, je peux donc vous le prêter en attendant qu'il soit plus largement disponible dans les bibliothèques).


Je commence par une énumération : celle des attributs de la pensée écologiste selon Yves Cochet, attributs qui correspondent aux 12 chapitres du livre. La pensée écologiste est :

globale ; systémique ; de l'accélération ; de l'irréversible et de l'imprévisible ; matérialiste ; de la mesure ; de la responsabilité ; du droit ; du changement ; du devenir humain ; totale, un paradigme ; politique.


Passons maintenant à quelques éléments concrets, d'analyse et de proposition, que nous offre Yves Cochet.



Empreinte écologique et IDH

L'empreinte écologique est un instrument de mesure nouveau : cet indicateur très synthétique s'exprime en hectares et recouvre les besoins (d'un individu, d'une ville, d'un pays) en terme d'extraction de ressources (amont) et de rejet des déchets (aval). Cette empreinte écologique est à comparer avec la biocapacité de la planète, qui mesure les capacités durables de la Terre à satisfaire ces besoins. En 2005, cette biocapacité était de 2,1 ha/personne. L'empreinte écologique était elle de 2,7 ha/personne. Cela veut dire que nous vivons au-dessus de nos moyens : nous dilapidons un capital qui devrait rester stable : ressources fossiles et minérales, fertilité des sols, biodiversité animale et végétale, etc.

Sans surprise, cette empreinte écologique est très mal répartie dans la population mondiale. Globalement, il se trouve que plus l'empreinte écologique des pays (et des individus) est élevée, plus le niveau de développement humain, mesuré par l'IDH, est élevé. Rappelons que l'IDH combine des indicateurs liés à la richesse matérielle, à l'espérance de vie et au niveau d'éducation.

Pour autant, on peut observer qu'au fur et à mesure que l'IDH augmente, l'empreinte écologique augmente de plus en plus vite. Par exemple, la différence d'IDH entre la France et certains pays d'Europe de l'Est est, à l'échelle mondiale, marginale ; pourtant la France a une empreinte écologique par habitant très supérieure.

L'idéal est de combiner une empreinte écologique faible (inférieure à la biocapacité terrestre par personne) et un IDH élevé (supérieur à 0,9). Un seul pays remplit ces deux conditions : Cuba... Au contraire, les PMA (Pays les moins avancés) d'une part, et les pays industrialisés (USA, Canada, UE...), sont les plus éloignés de cet idéal.

Cuba n'est pas pour autant un exemple à suivre : n'oublions pas que l'IDH ne prend pas en compte les critères de démocratie... d'ailleurs, la situation actuelle de Cuba est due à une conjoncture historique très particulière : la nécessaire adaptation à la pénurie pétrolière dans l'île après l'effondrement du pourvoyeur soviétique en 1991.


Nucléaire

L'urgence dépeinte par Cochet pourrait justifier le recours à cette source d'énergie supposément massive et bon marché qu'est l'électricité d'origine nucléaire. Certains, plus prudents, la présentent comme une énergie « de transition », faute de mieux à court terme.

Yves Cochet dénonce cette illusion, et pointe du doigt un aspect souvent délaissé de la question (et qui vient s'ajouter à l'argumentaire habituel des opposants au nucléaire) : l'investissement dans des centrales nucléaires nous engage pour longtemps. Or ce type d'infrastructure suppose une société très sécurisée, technologique, stable. Nul ne peut garantir que l'avenir nous réserve ce type de société. L'histoire n'est pas terminée, même en Europe – a fortiori si l'on prend au sérieux les annonces de changements brutaux que nous adresse Cochet. C'est encore plus évidemment le cas dans le reste du monde : comment peut-on sérieusement penser qu'il est sûr de permettre à des pays comme l'Iran, la Pakistan, la Chine, l'Egypte... de se doter de centrales nucléaires ? On sait aujourd'hui à quel point le détournement militaire de ces technologies peut-être rapide, si la volonté politique est là. Par ailleurs, la fragilité politique des États (pensons à l'effondrement de l'URSS, longtemps inimaginable) ne nous permet pas d'exclure la récupération ultérieure de matériau fissile par des groupes terroristes. Enfin, la maîtrise technologique du traitement des déchets, de l'étanchéité des centrales, dépend d'une machinerie technologique étroitement dépendante de la solidité des institutions (Etats et entreprises), laquelle n'est jamais garantie dans le temps.


Énergie : de l'utilisabilité à l'entropie

Les lois de la thermodynamique nous disent que l'énergie se présente sous différentes formes, celles-ci pouvant être plus ou moins utilisables. L'entropie désigne l'état de non-utilisabilité de l'énergie – par exemple, la chaleur est très entropique : il est très difficile de l'utiliser et de la transformer en autre forme d'énergie.

A l'inverse, les carburants d'origine pétrolière sont très utilisables. On peut facilement les transformer en chaleur (chauffage au fuel) ou en mouvement (transports). Mais une fois ces usages effectués, l'énergie est perdue. D'ailleurs, dans un moteur de voiture, le tiers seulement de l'énergie du carburant sert à produire du mouvement : le reste est perdu sous forme de chaleur. Quel gâchis !

Notre système agroalimentaire est également un très gros producteur d'entropie, c'est à dire très inefficace (et pas du tout « productif » !) : pour obtenir 1 calorie d'aliment transformé dans nos assiettes (steak, pâtes, …), il faut consommer au préalable 13 calories énergétiques (sous forme d'engrais, de transports, de conditionnement, de distribution...), énergie qui a été évidemment perdue au passage. Inutile de préciser que le potager familial, ou les œufs de la fermière du village, sont eux beaucoup plus efficaces.


Pic de Hubbert pétrolier... et énergétique

L'extraction d'une ressource souterraine commence à décroître à partir du moment où la moitié des réserves ont été extraites. En 1956, Hubbert concluait de cette règle générale, que la production pétrolière des USA commencerait à diminuer inexorablement à partir de 1970. Il avait raison.

En extrapolant à l'échelle de la planète, le pic pétrolier doit être atteint aux alentours de 2009. Dès lors, la mal-nommée « production de pétrole » diminuera tendantiellement.

Compte-tenu de deux autres facteurs structurels (hausse de la demande mondiale du fait des PED, et tensions géopolitiques), les prix sont voués à suivre une tendance lourde d'augmentation (entrecoupée de reflux ponctuels liés à la récession économique).

Ce ne serait d'ailleurs que justice, puisque nous sommes en train de dilapider, en quelques décennies, un stock constitué en 100 millions d'années...

Le pic de Hubbert peut être estimé pour toutes les ressources : minéraux, etc. En particulier, on peut calculer (Clugston et Chefurka ont travaillé sur ces questions) que le pic de l'énergie disponible pour les humains sur Terre, sera atteint aux environs de 2025... quels que soient les efforts réalisés dans le domaine du solaire et de l'éolien, dont l'apport ne sera jamais comparable à celui du pétrole.


Plan de sobriété pour le climat

Le problème du climat est, à la source, celui du pétrole (et du charbon). Yves Cochet propose un plan-climat qui prenne la question en amont : au lieu de réglementer les conséquences (émissions de gaz à effet de serre), il faut réglementer les causes : l'offre d'hydrocarbures. Au lieu de s'intéresser au comportement de milliards d'individus, il suffit de convaincre quelques dirigeants, en particulier de l'OPEP, mais aussi des pays importateurs, de parvenir à un accord visant à réduire progressivement mais avec détermination l'apport en hydrocarbures à nos économies.

La question est urgente : les scénarios les plus pessimistes du GIEC (dont les conclusions ont été modérées par les négociations inter-délégations gouvernementales), soit une augmentation de 0,4°C par décennie au milieu de XIXe siècle, reviennent à estimer que les isothermes (lignes reliant des zones de même température sur le globe) migreront vers les pôles à une vitesse de 120 km par décennie (c'est ce qui se passe depuis 25 ans pour la zone tropicale), ce qui entraînerait une déstructuration des écosystèmes, sans leur laisser le temps de s'adapter correctement.


Contre-productivité et effondrement

Dans l'histoire, les sociétés avancées se sont toutes effondrées à partir du moment où elles ont atteint un degré de complexité qui supposait des coûts de fonctionnement (économiques... mais aussi écologiques, qui deviennent tôt ou tard insoutenables) supérieurs aux bénéfices de cette organisation croissante (Joseph A. Tainter). Cette analyse rejoint celle de Ivan Illich sur la contre-productivité des systèmes (les médicaments qui rendent malades, l'instruction qui abrutit, les systèmes d'information qui désinforment, etc.)

Effondrement : un terme qui peut faire peur, mais concrètement ce n'est rien de plus que la réduction rapide du degré de complexité d'une société. Les causes en sont diverses et complexes, mais citons tout de même, en ce qui nous concerne, le prix de l'énergie : lorsque le prix des carburants, et donc le coût marginal des transports, aura triplé, eh bien la maintenance de nos réseaux de télécommunications, par exemple, sera gravement mise en cause : s'ensuivront un reflux du réseau interne, voire des communications téléphoniques et de la distribution d'électricité.

Cette réduction peut avoir des conséquences terribles si elle n'est pas anticipée, organisée. Elle se traduit par une moindre spécialisation des tâches sociales, une moindre extension géographique des structures politiques, … mais aussi une moindre production culturelle et scientifique, etc.

Cette idée conduit Yves Cochet à abandonner l'idéal d'une Union Européenne : pour lui, l'échelle continentale ne sera plus, à l'avenir, pertinente pour gérer les enjeux de nos sociétés ; d'ailleurs ces institutions risquent de se vider rapidement de tout contenu, du fait de l'effondrement mentionné. Il ne défend pas pour autant un retour à l'État : mais plutôt une structure fédérale : « pays », régions, États. D'ailleurs, pour Ivan Illich, « la démocratie de participation suppose une technique de faible consommation énergétique » et donc de faibles distances.


Hétéronomie et « vitesse généralisée »

Le temps est une matière première importante. Ivan Illich défend par exemple le temps libre sous le terme d' « autonomie », par opposition à l' « hétéronomie » qui est celle du temps que nous passons à faire des choses que nous ne choisissons pas, pour gagner notre vie par exemple.

En fonction de ce temps d'hétéronomie (qui correspond grosso modo au temps de travail), on peut réévaluer certaines vitesses : par exemple la vitesse de la voiture, celle du vélo ou celle du marcheur. Au temps du trajet on ajoute alors le temps nécessaire pour gagner de quoi se payer ce mode de transport (calculs effectués par Jean-Pierre Dupuy).

Surprise : la voiture devient alors très lente : elle a en moyenne une « vitesse généralisée » de seulement 7 km/h... (inutile de dire que cette situation ne fait que s'aggraver avec l'étalement urbain et la concentration des emplois dans les centre-ville). Les marcheurs sont à peine plus lents, mais les cyclistes beaucoup plus rapides. Et tous les deux en bien meilleure santé, pouvant sans risque se dispenser du footing dominical, contrairement à l'automobiliste.


Décroissance et jouissance

Les objecteurs de croissance seraient des ascètes, refusant les plaisirs de la vie... Qui connaît un peu Yves Cochet, grand jouisseur devant l'éternel, sait que la réalité est toute autre. Lui-même s'applique à nous le démontrer dans l'avant-dernier chapitre de son Antimanuel. Il prend l'exemple des transports.

La voiture a pour but de raccourcir le trajet le plus possible : elle vise à abolir l'espace et le temps. Cela est permis par une consommation d'énergie qui est extérieure à notre corps ; c'est notamment pour cela que nous perdons, dans une large mesure, l'expérience sensorielle du mouvement quand nous sommes à bord d'une voiture.

Cet utilitarisme est battu en brèche par les objecteurs de croissance, que nous serons tous demain, que nous le voulions ou non : en marchant, en pédalant, en courant, nous dépensons notre propre énergie métabolique, transformant notre corps en spectacle : c'est ce que Cochet appelle, s'inspirant de Georges Bataille, le « prestige du corps souverain ». Bref : tout, sauf la condamnation de la jouissance...


Quelques propositions pour une décroissance solidaire aujourd'hui

Yves Cochet ne nous annonce pas la fin du monde : au contraire, il tente de nous préparer à une nouvelle société. Les efforts seront difficiles, mais finalement indispensables : il faut « décroître pour vivre mieux ». Mais dans un premier temps, l'essentiel est de se serrer la ceinture. Il faudrait par exemple :

-Instaurer un quota mensuel de carburant consommable par personne (comme au lendemain de la Seconde guerre mondiale), ce montant diminuant progressivement. Il serait égal pour tous et donc hautement solidaire !

-Interdire les déplacements automobiles non professionnels le dimanche. Chacun pourrait en profiter pour aller se promener dans son voisinage, qui recèle toujours des richesses insoupçonnées.

-Réduire fortement les vitesses maximales autorisées : à 90 km/h sur autoroute, 60 km/h sur route et 30 km/h en ville. Ainsi on sauve des vies, on profite du paysage et on a plus de temps pour bavarder, écouter de la musique...

Cela paraît brutal, mais ce serait diablement efficace : 40% des carburants seraient ainsi économisés en quelques années. Pour Yves Cochet, de toute manière il s'agit d'un « crash program » comme celui engagé par les USA à leur entrée en guerre, en 1942 (entre 1942 et 1944, presque aucune voiture neuve n'a été vendue aux USA). N'oublions pas que le but est d'éviter des chocs autrement plus destructeurs par la suite.

Citons d'autres mesures, plus compliquées à mettre en œuvre, mais significatives :

-les 32 heures de travail hebdomadaire (la semaine de quatre jours) ;

-instaurer un revenu maximal autorisé ;

-instaurer un revenu de citoyenneté ou « revenu d'existence » pour toutes les personnes, équivalent à 2/3 du SMIC, se substituant à la plupart des minima sociaux (pas à la Sécu) ;

-multiplier par 5 le nombre d'agriculteurs en France, pour atteindre les 2 millions dans 10 ans, la plus grande partie en bio. Cette politique doit également s'accompagner plus largement d'une ruralisation de l'habitat et des activités, mettant fin à la démesure croissanciste des métropoles actuelles (voir Rennes) ;

-relocaliser progressivement les marchés, notamment alimentaires, par la réglementation en fonction de l'évolution des capacités de production des territoires. La priorité donnée aux circuits courts condamne les régions aujourd'hui hyper-spécialisées à engager de vastes opérations de reconversion des activités : l'Île-de-France par exemple. Ça tombe bien, elle en a les moyens... et Cécile Duflot sera bientôt présidente du Conseil régional. Sera t-elle à la hauteur ?

-fédéraliser les institutions françaises dans le cadre d'une VIe République : à l'échelle locale se situent les enjeux de demain : alimentation, eau, logement, énergies renouvelables, transports... Relocalisation est aussi démocratisation : contrôle des élus, prise en compte des intérêts des populations face à ceux des grandes entreprises... En somme, il faut « protéger le local, globalement » : Cochet avait proposé ce slogan pour la campagne des Européennes, mais ses camarades n'en ont pas voulu. Il est vrai que l' ubris électoral en aurait pris un coup.



Tout cela paraît bien difficile. Les efforts à faire semblent immenses. Mais il faut être réalistes : c'est l'addition des repas gargantuesques que les sociétés occidentales se sont offertes depuis deux siècles.

Réalistes, car il prend en compte l'urgence. A l'inverse, Cochet condamne le « petit monde du développement durable » qui, contrairement à ce qu'il clame haut et fort, est irréaliste : ses préconisations ne suffiront pas. Pire : le discours des partisans du développement durable, contrairement à ce qu'affirment certains Verts, est un obstacle à l'adaptation. En effet il sous-estime les enjeux, et donc les mesures à prendre ; il retarde la prise de conscience, qui n'a pourtant pas besoin de cela pour être déjà à la ramasse.



Antimanuel d'écologie, par Yves Cochet, est publié aux éditions Bréal (2009), et en vente dans toutes les bonnes librairies.

Par Martin - Publié dans : Fiche de lecture
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 10:26
On a frôlé la catastrophe à Cadarache

Lors d'une opération de démantèlement d'un atelier de technologie du plutonium de Cadarache (Bouches-du-Rhône), 22 kg de plutonium ont été découverts au lieu des 8 kg estimés au préalable. Selon le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) qui possède le site de Cadarache, un des neuf centres de recherche dans l'énergie nucléaire, il pourrait en contenir 39 kg.  Au courant depuis juin, le CEA  n'a prévenu l'Autorité de sûreté nucléaire que le 6 Octobre. Cette dernière a alors classé au niveau 2 de l'échelle Ines (qui en compte 7) et a ordonné l'arrêt du démontage de l'atelier.

L'incident n'a pas eu de conséquence puisque les poussières de Plutonium étaient réparties dans plusieurs enceintes étanchees,  La quantité de matière radioactive suffisait pour entraîner une réaction en chaîne. Selon Greenpeace, il y avait de quoi faire cinq bombes nucléaires. Les socialistes et les Verts ont demandé un enquête parlementaire. La directrice de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), Marie-Claude Dupuis, ainsi que d'autres experts seront entendus à l'Assemblée nationale après l'incident sur le site de Cadarache selon le site Internet de l'AFP.

Cet incident révèle l'incapacité des autorités à contrôler les activités des exploitants dans le nucléaire.

Des irradiés, mais pas reconnus par la Sécurité Sociale

Il y a deux ans, deux techniciens de l'usine de retraitement des combustibles nucléaires de la Hague avaient respiré des produits radioactifs dans des proportions dangereuses. Selon Ouest France, la Sécurité sociale vient tout juste de reconnaître cet incident comme accident du travail, tout en refusant de reconnaître les dommages physiologiques et psychologiques pour les deux salariés d'Areva.



La sortie du nucléaire encore reportée pour la Belgique

La décision n'est pas officielle, mais a déjà fait l'objet d'annonces du gouvernement belge. La Belgique qui compte 7 réacteurs nucléaires devrait les garder en fonction jusqu'en 2025, remettant en cause une loi votée en 2003 alors que les Verts étaient au gouvernement qui limitait à 40 ans la durée de vie des centrales, et obligeait ainsi à fermer trois d'entre elles. Au lieu d'engager un plan de développement d'énergies alternatives, les libéraux, le patronat et une large partie des socialistes sont revenus dessus.

Comme dans toutes les affaires sur le nucléaire, un gros paquet d'argent est en jeu. L'entreprise Suez qui gère les centrales et qui est le premier actionnaire de l'entreprise historique Electrabel pourrait y gagner beaucoup. En effet, les centrales déjà amorties permettent de produire une énergie à bas coût (mais à gros risques pour l'environnement et les hommes !!), tout en revendant cher aux consommateurs.

Un syndrôme déjà connu en Allemagne. La chancelière allemande Angela Merkel avait au début de son premier mandat affirmé la volonté de ne pas toucher à la loi  votée auparavant faisant de l'Allemagne un pays sans centrale nucléaire d'ici à 2025. On peut redouter un changement radical depuis les élections du 27 septembre dernier qui ont reconduit la chancelière et son parti conservateur dans une coalition avec les libéraux.





Pour plus d'information sur les atteintes à la sécurité dans les centrales nucléaires, nous vous conseillons la lecture du livre Vers un Tchernobyl français d'Eric Ouzounian, journaliste indépendant à travers le témoignage d'un cadre haut placé d'EDF (disponible dans la bibliothèque de l'IEP de Rennes).
Ce-dernier était venu à l'IEP en sepembre 2008 tenir une conférence dans le cadre d'Ysegoria. Retrouver ici le compte-rendu : http://www.ysegoria.com/2008/10/compte-rendu-e-ouzounian-vers-un.html
Par Géraud
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 16:17
 

LA PRIVATISATION DE LA POSTE NE PASSERA PAS !

 

En France, 2,3 millions de personnes ont participé à la votation citoyenne de la semaine du 3 octobre 2009.

En Ille-et-Vilaine :

dans 67 communes, (plus de 200 points de vote), des dizaines d’élus se sont impliqués, 33 176 citoyens ont voté... 98% ont dit NON à la privatisation de La Poste.




La balle est désormais dans le camp du gouvernement qui doit entendre l’avis des citoyens, et  :
- retirer le projet de changement de statut ;
- convoquer un référendum avant toute décision sur l’avenir du service public postal.

Les responsables de La Poste aussi doivent entendre le message et geler toutes les restructurations.





En Ille et Vilaine, nous sommes toujours mobilisés, déterminés.

La Poste est à nous, nous voulons être entendus :


  • Rendez-vous devant la Préfecture de Rennes (rue Martenot), mardi 20 octobre à 11h

  • Rendez-vous pour une ronde autour des bureaux de Poste dans différentes communes du département (à Rennes : Place de la République),
    samedi 24 octobre entre 10h et 11h




Vous aimez le service public, vous avez voté dans la semaine du 28 au 3 octobre ?
Alors participez nombreux à nos initiatives. Contactez un membre de notre comité ou le 02 99 80 37 15

Par Collectif La Poste - Publié dans : Mobilisations
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